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SOCIETE PLURIDISCIPLINAIRE DES ETUDES SEXOLOGIQUES DE L'EST
Amour courtois et renaissance


Dr Ferroul

Docteur Yves FERROUL
Agrégé de Lettres, Docteur en Lettres
Médecin, Sexologue



    Aujourd’hui, nous sommes persuadés que notre époque se caractérise par le fait :
  • d’être obsédée par la jeunesse,
  • et de refuser le vieillissement.
Or, ces conduites se retrouvent à toutes les époques : exemple du mythe de la fontaine de jouvence.

La sexualité humaine : l’importance de l’apparence

    Alors que les mammifères sont largement indifférents à leurs congénères en temps habituel, et ne s’intéressent à eux sexuellement que lors des brutales variations hormonales des périodes de rut ou de chaleurs, les humains ont acquis la possibilité de rapports à tout moment, donc sont beaucoup moins conditionnés par leurs hormones, et doivent compenser par des techniques de séduction destinées à faire naître le désir de l’autre.

Amour Courtois

    Au XIIè s., se définit un code de courtisement : désirer une femme et lui faire la cour devient un but noble de la vie. Comment désirer et se faire désirer ?

Caractéristiques du corps désirable
  • La jeunesse :
    • c’est une jeune fille qui introduit le héros dans le jardin du Roman de la Rose, où les danseurs sont de tout jeunes gens ; la cadette, de 12 ans, danse tout en embrassant son ami, qui a son âge. Les "vieux" sont rejetés à l’extérieur.
    • tous les héros romanesques tombent amoureux lors de leur service comme pages.
  • La "beauté", dont la caractéristique principale est d’être liée à la jeunesse … "Ils s’aimaient bien l’un l’autre, parce qu’il était beau et qu’elle était belle".
  • L’androgynie :
    • les héros et les héroïnes sont décrits avec les mêmes termes.
    • le David de Michel Ange est "une figure à la fois masculine et féminine, unissant les séductions des deux sexes".
    • Ronsard est plus ému quand "on ne sait d’une jouvencelle si elle est fille ou garçon …"
    • Montaigne évoque avec émotion "la fleur d’une tendre jeunesse", la beauté bouleversante des jeunes gens à la beauté féminine, "puérile et imberbe".
Contre-exemples

    Dans une chanson, un troubadour raconte les malheurs d’une dame qui a trop attendu avant d’accorder son amour : le chaperon de la Rose est une femme qui a renoncé aux amours quand on s’est mis à la traiter de "vieille" : "Même celui qui jadis m’aimait le plus me traitait tout haut de vieille ridée ! Plus personne ne m’estimait…"

La Renaissance
  • Ronsard :
    • "Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie…"
    • "Quand vous serez bien vieille, le soir, à la chandelle…"
  • "Il avait si peu de beauté qu’aucune femme ne l’aurait choisi pour son plaisir. Tous, à la cour, disaient qu’il n’était pas assez beau pour être ami".
Ovide n’a pas fait d’émules…

    Ces avantages (savoir se donner et savoir jouir), la nature ne les a pas accordés à la première jeunesse. Ils ne se rencontrent que tout de suite après sept lustres révolus. Que les gens pressés boivent du vin nouveau ; pour moi, qu’une amphore remplie sous les consuls d’il y a longtemps me verse un vin fait par nos aïeux… (Art d’aimer, livre II)

    Et il faut attendre le duc de Saint-Simon pour voir souligner le risque que l’on court à se fier aux apparences…

Mettre en valeur le corps :
  • Fard
  • Coiffure
  • Chaussures
  • Habits :
    • "De la base du cou à la broche qui ferme son décolleté, on peut voir sa poitrine nue, sans rien qui la recouvre, blanche comme neige…"
    • "Son bliaut était lacé du haut jusqu’en bas, mais de façon lâche, si bien que sa chair nue apparaissait dans les intervalles, des épaules jusqu’à la taille."
  • Position amoureuse : "Au lit, que chaque femme choisisse telle ou telle attitude d’après son physique ; la même posture ne convient pas à toutes. La femme dont la figure est particulièrement jolie s’étendra sur le dos. Mais c’est le dos que devront montrer celles qui sont satisfaites de leur dos. Si tu as des rides sur le ventre, fais aussi comme le Parthe qui combat en tournant le dos. La femme petite prendra la posture du cavalier : mais jamais Andromaque, qui était fort grande, ne se mit sur son mari comme sur un cheval…" (Ovide : l’Art d’aimer, livre III)
Modifier le corps :
  • La chirurgie de réparation est connue, mais…
  • Adapter la nourriture.
  • Utiliser le vêtement pour comprimer le corps et lui donner la silhouette voulue :
    • faire pigeonner la gorge,
    • enserrer étroitement la taille.



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