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SOCIETE PLURIDISCIPLINAIRE DES ETUDES SEXOLOGIQUES DE L'EST
On a lu pour vous dans la Presse Médicale et Para-médicale...



UN LIVRE A LIRE : POUR LES SOIGNANTS ET LES PATIENTS

    Comprendre et pratiquer les nouvelles psychothérapies

Les nouvelles psychothérapies    Le monde est en perpétuel changement mais, parfois il semble se modifier plus rapidement. Nous sommes manifestement en ce début de 21e siècle sur une zone de fracture : nous avons le sentiment de quitter un monde familier avec des repères connus pour nous diriger vers un univers nouveau pour lequel les clefs de compréhension nous manquent et comme tout changement cela est source d’inquiétude.

    Les progrès médicaux ont permis au cours de ces dernières décennies des améliorations considérables de notre durée et de notre confort de vie. Il apparaît cependant que nous sommes sans doute parvenus à un terme de notre mode de pensée : il n’est pas question de renoncer à tout ce que la technologie médicale nous a apporté mais de comprendre que la maladie n’est pas seulement la conséquence néfaste d’un agent extérieur mais l'expression complexe de composantes biologiques, psychologiques et sociales.

    De ce point de vue, la bonne santé est définie comme une relation d'équilibre entre le corps, les émotions et les pensées d'un individu. Elle préconise une communication effective entre ces trois aspects de la personne et des rapports intelligents entre l'individu, ses semblables et son milieu de vie. On parle d'une approche intégrative, globale et holistique.

    Cette nouvelle médecine qui sera celle de demain est en train de naitre devant nos yeux. Les soignants sont cependant mal formés à ce nouvel exercice et les sources d'information sont parfois peu fiables. Le grand mérite du livre de Cyril Tarquinio et de Claude Berghmans est de faire le point très précis des connaissances actuelles sur les nouvelles méthodes de prise en charges psychothérapiques.

    Ce livre s'adresse bien entendu à tous les soignants qui désirent s'informer : médecins, psychologues, infirmières, et aux étudiants de ces différentes disciplines mais il est écrit de façon suffisamment claire pour être lu par tous les patients qui cherchent des solutions pout améliorer leur état de santé, qu'ils soient en souffrance en raison d'une maladie chronique ou qu'ils souhaitent préserver leur bien être. Ce livre répond parfaitement au but de l'éducation thérapeutique : réaliser une véritable relation entre soignant et soigné afin de permettre au patient d'évoluer vers une santé autonome.

Docteur HOUPPE Jean-Pierre, Cardiologue, Coordinateur du programme MEDITAS-CARDIO

  

    Le British medical Journal (BMJ) rapporte dans son numéro de juillet, l'étude d'une équipe suédoise sur la sexualité des plus de 70 ans, sujet sur lequel, jusque là, peu de données avaient été recueillies. Ils ont comparé 4 enquêtes (1971 - 1976 - 1992 - 2000), regroupant 1506 adultes (946 femmes, 560 hommes). Ont été étudiées les réponses à des questionnaires sur :
  • la fréquence des rapports sexuels
  • la satisfaction
  • l'existence de dysfonctions
  • leur attitude et sentiment vis à vis de la sexualité
Quels que soient les critères sélectionnés, on constate une augmentation :
  • la fréquence passe de 52 à 68% chez les hommes mariés, de 38 à 56% chez les femmes mariées, de 30 à 54% chez les hommes non mariés et de 0,8 à 12% chez les femmes non mariées. La raison de cessation de l'activité sexuelle était le plus souvent chez la femme la perte du partenaire ou des problèmes liés au partenaire (maladie - dysfonction - libido)
  • la proportion de rapports satisfaisants augmente : en comparant les études de 1971 et 2000, elle passe de 40 à 57% chez les hommes, de 35 à 52% chez les femmes
  • les dysfonctions sexuelles diminuent, qu'il s'agisse de troubles de l'érection ou de l'éjaculation, ou de fréquence des orgasmes
  • leur attitude vis à vis de la sexualité devient de plus en plus positive : en comparant les études de 1971 et 2000, elle passe de 82 à 97% chez les hommes, de 65 à 94% chez les femmes
On peut donc dire que chez le suédois septuagénaire, en 30 ans, on assiste donc à une augementation, tant en qualité qu'en quantité, de l'activité sexuelle. Et en France ? ... (JCB)


 
   Un de mes confrères urologues m'a fait parvenir 2 abstracts du dernier congrès de l'AUA - Anaheim, résumant 2 études médicamenteuses dans le traitement de la DE :
  • le brémélanotide utilisé chez le diabétique :
    • heptapeptide cyclique délivré par voie intranasale
    • développé pour traiter les troubles érectiles chez l'homme et les dysfonctions sexuelles chez la femme
    • a une action centrale sur les récepteurs de la mélanocortine dans l'hypothalamus
    • une étude contre placebo chez près de 300 patients
    • les auteurs ont constaté une amélioration significative dose-dépendante
    • les effets secondaires (eux-aussi dose-dépendants) : nausées, vomissements, élévation tensionnelle
    • donc peut-être une voie centrale intéressante après l'échec des apomorphines (Ixense - Uprima)
  • le tramadol dans l'éjaculation précoce :
    • analgésique d'action centrale
    • étude contre placebo chez 60 patients
    • la mesure du temps de latence de l'éjaculation intravaginale est passée de 2.01 à 7.37 min (JCB)


Pr Nicolas Danchin
    Dans la même veine que l'article de Paris Match rapporté dans la page « grand public» du site, avait eu lieu au mois de mai un symposium organisé par le Quotidien du Médecin sur « Dysfonction érectile, un marqueur du risque cardio-vasculaire », avec la participation des Prs Nicolas Danchin (photo) de Paris, Xavier Girerd (Paris) et Jean-Yves Le Heuzey (Paris), et des Drs François Giuliano (Garches) et François Philippe (Paris) avec le soutien des Laboratoires Lilly.

    Les participants rappellent que de nombreuses études confirment que la dysfonction érectile (DE) peut être l'un des premiers signes d'une pathologie vasculaire sous-jacente : le tissu érectile est bien en effet un organe vasculaire, les facteurs de risque de la DE sont les mêmes que les facteurs de risque cardio-vasculaires (âge, HTA, diabète, tabagisme, dyslipémie, obésité), Kloner (1) a montré que la moitié des coronariens avaient un DE antérieure à l'angor, Chiurlia (2) que l'athérosclérose coronarienne est plus sévère en cas de DE, Thompson (3) que la DE est associée à un risque supérieur d'évènements cardio-vasculaires, Araujo (4) que la DE augmente avec les facteurs de risque cardio-vasculaires et Gazzaruso (5) que la DE peut être le témoin d'une ischémie myocardique silencieuse.

    La DE peut donc être considérée comme un signe sentinelle, elle doit être recherchée par le cardiologue à l'interrogatoire. En cas de présence, la recherche de facteurs de risque est impérative, et s'ils existent, une épreuve d'effort est souhaitable. (JCB)

(1)    Kloner R, et al. "J Urol" 2003 ; 170 (2Pt2) : S46-S50
(2)    Chiurlia E, et al. "J Am Coll Cardiol" 2005 ; 46(8) : 1503-1506
(3)    Thompson I, et al. "JAMA" 2005 ; 294(23) : 2996-3002
(4)    Araujo A, et al. "Am J Epidemiol" 2000 ; 152(6) : 533-541
(5)    Gazzaruso C, et al. "Circulation" 2004 ; 110 : 22-26


    L'information du patient est-elle susceptible de favoriser les troubles de l'érection ?
Je suis tombé sur l'article d'Antonello Silvestri (Eur. Heart J. 2003 ; 24 (21): 1928-32) qui a randomisé 96 patients en 3 groupes : tous présentaient une maladie cardiovasculaire justifiant un traitement par béta-bloquants, aucun n'avait de troubles de l'érection rapportés. Le premier groupe ne connaissait pas la nature du traitement, le second savait qu'il s'agissait de béta-bloquants, le  troisième groupe était informé de la possibilité de troubles de l'érection. Au bout de 3 mois, des troubles de l'érection étaient notés respectivement chez 3%, 16% et 32% des patients des groupes 1, 2, et 3, démontrant l'influence néfaste de l'anxiété créée par l'information sur les effets secondaires.  Tous les patients avec troubles de l'érection étaient ensuite traités par sildenafil 50mg ou placebo puis inversement. Le sildénafil et le placebo ont été aussi efficaces pour améliorer les troubles de l'érection chez tous les patients sauf un.     En conclusion : la connaissance des effets secondaires potentiels des béta-bloquants semble préjudiciable au patient et source de troubles fonctionnels de l'érection : faut-il avertir nos patients de ces effets possibles ? ... (JCB)


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